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dimanche 26 février 2012

Février

(02)



Février
Le temps de la transition s’annonce dans les charmilles. La mésange a entonné son titipu-titipu et son passage à la mangeoire se fait plus rare. Certains individus se sont relevés des basses températures et entament leurs parades de séduction. Recherche du partenaire, inspection des lieux de nidification, tout va s’enchaîner malgré la bise et les surprises de la météo. Quelques ébats d’intimidation entre un couple de pies et une corneille se sont déroulés au faîte du bouleau : apparemment le nid n’est plus aussi accueillant et les prétendants ont renoncé, peut-être devant l’ampleur du travail.

Février
Le temps de la fête chez l’humain, avant les privations du Carême. On brandonne, on “carnavale”, les masques et bergamasques s’ajustent et cachent pour quelques jours les visages : seuls les regards osent encore la provocation, les moqueries, les farces et attrapes, les critiques et les rires. On brûle le Rababou, le bonhomme hiver passe un sale quart d’heure sur le bûcher.

Février
Les jours s’allongent et la lumière me tire de mon sommeil plus tôt : merci soleil, j’attendais avec impatience tes rayons contre ma fenêtre. Je renoue avec l’énergie matinale et la vie se précise : sortie de mon hibernation, je rejette la couette et je hume avec délices le parfum du pain grillé. L’hiver fut long et rude, la neige et la glace ne m’enthousiasment plus : il y a un temps pour tout.
Je suis prête : mon appareil est sorti de son étui, mes crayons sont taillés. Au loin la somnolence et la paresse !




lundi 5 septembre 2011

Un conte des frères Grimm: le petit âne



 “Celui-ci est trop grand, il ne peut entrer dans l’histoire.”



“Celui-là non plus, il est mal éduqué pour une histoire de prince.”

Le petit âne 

Il était une fois un roi et une reine qui attendaient avec impatience la venue d’un petit prince. Le jour arriva où la reine accoucha d’un petit ... âne ! De honte et de chagrin, elle voulut le noyer, mais le roi décida de le garder, de le considérer comme son fils et de lui donner une éducation digne d’un prince.



“Le petit prince que la reine aurait souhaité...”

Le petit âne voulut apprendre à jouer du luth. Il se donna tant de peine que, malgré ses sabots, il réussit à pincer les cordes de l’instrument avec grâce et délicatesse.


 “Luth ou guitare mexicaine, ce sont toujours des cordes à pincer!”

Or, comme tout jeune prince bien éduqué, le petit âne avait l’autorisation de se promener au-delà même des frontières du royaume paternel. Alors qu’il longeait les rives d’un étang, il entrevit son visage dans l’onde et fut fort navré de son apparence.



“Si les oreilles ne sont pas trop longues...”

A la tombée du jour, il parvint devant la porte de chêne d’un château inconnu. Comme les gardes ne voulaient pas l’introduire à la cour, il sortit son luth et joua d’une façon si harmonieuse et si belle que le châtelain et sa fille l’invitèrent à séjourner chez eux quelque temps.
Il va sans dire que la princesse était une personne ravissante et attentionnée vis-à-vis du petit âne (comme d’ailleurs dans presque tous les contes...).



 “ —Douces caresses. ENCORE!”

Au bout de plusieurs jours, malgré le plaisir qu’il éprouvait à tenir compagnie à ses hôtes, l’âne réalisa qu’il n’y avait pas d’avenir pour lui dans ces lieux. L’âme en peine, il se prépara à partir lorsque le roi lui offrit —après moultes propositions toutes déclinées par le petit âne— la main de sa fille.

«Et les noces furent célébrées avec magnificence et somptuosité.»


Le soir, dans la chambre nuptiale, le petit âne se défit de sa peau et apparut devant son épouse comme le plus beau des princes dont elle avait toujours rêvé.
Au matin, le prince revêtit sa peau et parut aux yeux du roi sous la même apparence que la veille.


Mais le roi fut tout de même étonné de lire tant de bonheur dans les yeux de sa fille. Il ordonna à un serviteur de se cacher la seconde nuit dans la chambre des époux. La troisième nuit, le roi qui avait eu de la peine à croire le récit de son serviteur, se cacha lui aussi. Il comprit la transformation de son beau-fils et pour éviter que celui-ci ne s’en aille, il jeta la peau d’âne dans la cheminée.




Ainsi le prince connut enfin le bonheur auprès de sa nouvelle famille. Il reçut comme cadeau la moitié du royaume et lorsque le roi mourut l’autre moitié.


“Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants.”


Photos prises lors de la Fête des amis de l’âne à Berolle (Vaud) le dimanche 28 août 2011.

mercredi 27 avril 2011

Le temps de HANAMI (Cherry Blossoms)



"Tout autour de nous
le monde n’est plus que
fleurs de cerisier"


Ryokan (Les 99 Haiku)


Lorsque, la semaine dernière, j’ai vu notre cerisier du Japon briller dans toute sa lumière de rose et de pourpre, ma pensée s’est transportée au-delà des océans jusqu’aux confins de l’«Empire du Soleil levant».




Le drame du tsunami qui a frappé tant de gens de ce pays est encore à vif dans notre cœur alors que la technologie moderne liée au nucléaire nous a démontré ses limites dans cette catastrophe.
Comment les habitants du Japon ont-ils trouvé la force de se relever après l’épreuve qui les a sidérés ? L’être humain a-t-il donc cette faculté de regarder la vie devant soi et de reprendre le chemin de la construction lorsque tout semblait auparavant perdu ?

La période de HANAMI au Japon aide à l’émergence d’une résilience collective : du mois de mars à celui de mai, les cerisiers fleurissent et étalent leurs nuées de corolles au-dessus des têtes.

La caresse rose après la violence d’une vague monstrueuse.







Notre fête pascale se déroule dans le même temps.

Le message suivant, écrit pour le jour de Pâques, en cette année 2011, a une portée universelle.

«Plutôt que de fuir les tragédies, Pâques nous appelle à les prendre en compte et à nous lever, à ressusciter de nos peurs et de nos abandons. C’est à contre-courant que l’être humain peut défier toutes les impasses et proclamer la force de la vie. Pâques est la célébration de la résilience et de la résistance. Relevée, l’humanité se présente debout pour protester et agir contre tout ce qui est porteur de mort et de désespérance.»
(Sources : Claude Schwab, pasteur, in 24Heures 21-22 avril 2011, page 2)

Et si c’était bien de cela qu’il s’agissait, un état de conscience christique universelle, de quelque croyance que ce fût ?


«CHERRY BLOSSOMS, un rêve japonais» est un film remarquable de Doris Dörrie, primé à la Berlinale 2008. Il raconte le périple japonais de Rudi après la mort de son épouse. Pourquoi un voyage si lointain? Au décès de Trudi, Rudi prend conscience du secret qu’elle a porté depuis de longues années : la transfiguration vécue grâce à une danse rituelle japonaise. Rudi découvre le Japon durant le HANAMI.
C’est beau, émouvant et apaisant.

À voir et à revoir (durant la période de mars à mai, de préférence).

mardi 11 janvier 2011

Un peu de couleur?



L’hiver, avec son cortège de brumes, de frimas et de plaines enneigées, c’est très beau.

Mais vient le moment où dans les veines de l’inconscient commence à se manifester un besoin de lumière et de couleurs.


danseuses albanaises


Les jupes folles des danseuses, suivant le rythme des tambourins et le mouvement des hanches, nous entraînent en un voyage haut en couleur.

Danse, danse, danse...

vendredi 23 avril 2010

La chamade mon coeur bat



Je l’ai quitté hier soir à la fin de ma visite aux dames de notre espace vert. Il était encore une silhouette sombre et décharnée : ses deux bras, levés au ciel, semblaient des signes de louange en l’honneur du renouveau saisonnier.

Qu’avait-il encore à chanter ce soir-là ?

À ce jour vieil octogénaire — pour un arbre ce n’est pas un pléonasme —, il nous avait accueillis voilà bientôt quarante ans. Ses rameaux, chargés de fruits pendaient sous le nez des enfants. Le jus des cerises dégoulinait sur leur pull et attirait guêpes, mouches et abeilles. Sous les branchages de l’arbre grandiose, les gosses avaient accompli leur initiation aux piqûres d’insectes. C’était l’bon temps, diraient certains...

Je l’ai quitté hier soir un brin nostalgique : les garçons n’abîment plus les buissons de petits fruits de leur grand-mère en jouant au foot. Mais lui, le vieil arbre est toujours là. D’année en année, une de ses branches se dessèche. Si nous sortons l’échelle, ce n’est pas pour cueillir ses dernières cerises — nous les laissons aux étourneaux —, mais pour scier ses atours défraîchis qui pourraient soudainement nous blesser.

Qu’avait-il encore à chanter ce soir-là ?

Il m’avait bien semblé que l’ambiance au jardin était différente des autres soirées. Peut-être que des plates-bandes montait un murmure de satisfaction car j’avais bien travaillé depuis plus d’une semaine. Le merle, si loquace d’habitude, ne pipait mot. Les chats sédentaires avaient rejoint leurs pénates et leurs croquettes à défaut de mulots.

Lorsque je l’ai quitté, il était quasiment nu : avait-il cette année encore des bourgeons ? Je ne sais pas : avec mes jumelles, j’aurais pu les apercevoir là-haut, tout près des nuages.

Et ce matin... il éclatait une nouvelle fois de beauté. Tout de blanc vêtu, là-haut près du ciel bleu, il avait fait exploser sa ramure. Des touffes nacrées nous montraient que sa sève était vive et féconde. Mon cœur battait la chamade : l’émotion, devant cette force de la nature, était si intense que je m’assis dans l’herbe afin de le contempler. Malgré son âge, son énergie jaillissait au-dessus du petit forsythia qui venait de passer son premier hiver sous sa protection.

Je ne livrerai aucune image du vieux compagnon. J’ai déjà essayé de le photographier, mais l’environnement ne peut que le déshonorer, lui qui était le roi au milieu d’un verger. Pour le prendre en image, il faut se satisfaire de parasites tels que fils à haute tension, voitures parquées et toits de maisons. Il ne mérite pas cette juxtaposition. Que sa silhouette se reconstruise au gré de votre imagination.

Note explicative sur l’expression “battre la chamade”
Liée actuellement à l’émergence d’une émotion intense provoquant des palpitations, la chamade est un roulement de tambour militaire ou une sonnerie de trompette qui a pour fonction de demander une requête à l’adversaire (trêve, capitulation).

Je profite de ce deuxième sens pour m’excuser auprès de Savoyarde et de Vicky :
Je capitule après mes essais réitérés de poster un commentaire sur votre blog. Malgré les conseils de Savoyarde, je n’y arrive pas. Je continue à vous lire et à admirer vos belles images. Un jour peut-être... 

                       
                                                                Fête de la tulipe à Morges (Suisse)