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mercredi 2 juin 2010

L'homme qui aimait les “bibornes”

J’aime les chats et leurs façons de communiquer ou ... de nous ignorer.
Mais il m’est arrivé d’avoir aussi un coup de cœur pour des petites bêtes.

Une foule de minuscules grenouilles traversant le sentier m’avaient arrêtée dans ma balade matinale après une nuit bien pluvieuse : craignant de les écraser, je ne savais plus où poser mes semelles. Sur la pointe des pieds (exercice difficile avec des chaussures de marche), j’étais parvenue à les épargner.




Et les tritons alpestres que je retrouve au même endroit, tous les mois de mars de chaque année, me mettent à genoux : l’appareil de photo près de la surface de l’eau les attire et leur regard m’intrigue.




Il y a trois jours, en sortant de l’épicerie, j’aperçus un homme penché sur le sol du parking. Il se déplaçait à gauche, à droite, le regard toujours fixé parterre. Croyant qu’il avait perdu un objet je m’approchai de lui. D’un air malicieux mais étonné par sa découverte, il m’expliqua son manège.
Le ciel avait craché toute la nuit de courtes averses accompagnées par moments de coups de tonnerre. Ce matin-là, alors qu’il commençait son travail de surveillant de parking, le vieux monsieur constata que des dizaines d’escargots sortaient des buissons ou des hautes herbes. Les bibornes s’aventuraient sur les places de parc et, bien sûr, quelques mollusques avaient déjà péri sous les pneus des premiers clients. Tout en contrôlant le va-et-vient des voitures, il sauvait un à un les escargots en les déplaçant dans l’herbe. Nous en avons compté une bonne trentaine de candidats kamikaze ! Il remarqua que les petites bêtes étaient attirées par les mégots de cigarettes et s’y agglutinaient.
Abrités sous son parapluie (sic Georges Brassens), nous avons parlé des avantages des produits frais à mettre dans notre assiette, de l’eau de source volée aux indigènes par une multinationale pour être revendue...
De temps en temps, un petit escargot interrompait notre conversation pour être remis sur le bon chemin.
Simple rencontre par temps pluvieux.



Biborne: mot du patois vaudois pour désigner l'escargot

Extrait du dictionnaire Robert:
Bigorne: petite enclume à deux têtes
Bigorneau: escargot de mer

mercredi 22 avril 2009

B comme bâiller ou bayer!



Ne confondez pas, comme moi, bâiller et bayer, deux homonymes homophones mais pas homographes.
Le premier, bâiller, sert à exprimer un moment d’ennui ou un sentiment de fatigue alors que le sommeil vous guette déjà. Concrètement, la bouche s’étire verticalement, les yeux se ferment et un profond soupir s’échappe de vos lèvres. Votre hôte qui prenait plaisir à vous raconter ses vacances aux Seychelles interrompt son monologue et vous propose diplomatiquement un jus de fruit (pour vous aider à tenir le coup). Ne dites pas que vous n’avez jamais connu cette situation.

Le deuxième, bayer, concerne peut-être davantage les enfants. En effet, si vous surprenez votre fils, votre fille, immobile (pour une fois), les yeux dans le vague ou lisant la ligne de l’horizon, la bouche grande ouverte, c’est qu’il (elle) baye… aux corneilles !
Je cite La Puce à l’oreille, l’ouvrage de Claude Duneton, qui est une véritable mine d’or :
«… bayer, de l’ancien baer, ou béer, qui est tenir la bouche ouverte, de surprise ou d’innocente attention, lequel a donné la bouche bée, la gueule béante, les badauds (par l’occitan badar), et les bégueules (bée gueule) !»

Pourquoi aux corneilles ? Selon Duneton, ces oiseaux sont en l’air et l’expression du visage est «encore moins futé[e]».
J’aurais une autre proposition, toute personnelle et subjective, induite par l’observation des corneilles par un jour de grande chaleur. J’avais remarqué que quelques-unes, en plein midi, s’étaient posées sur le gazon d’un parc qui venait d’être humidifié. Elles s’étaient aplaties au sol, les ailes écartées et le bec ouvert : elles haletaient. Maintenant que je me remémore cet incident, je trouve qu’il y a une analogie avec l’expression bayer aux corneilles.

samedi 21 février 2009

B comme bateau!







Faut-il vraiment savoir
conjuguer le verbe
mener quelqu’un en bateau ?









A tous les temps, sans éprouver une once de remords, sans craindre des représailles de la part de la personne trompée…
L’image est agréable au ressenti. Elle me suggère un bercement doux, régulier, le roulis ou le tangage, je ne sais. Mon esprit s’endort car je ne suis pas sujette au mal de mer. Le chant des sirènes m’incite à me reposer sur leurs paroles mielleuses. Oh combien il est facile de me laisser gagner à leurs discours enivrants…
Le balancement du bateau m’interdit de percevoir le sens profond des paroles : y aurait-il tout de même le moindre doute sur leurs intentions ? Me laisserais-je tromper une fois de plus ?