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samedi 6 août 2011

Impression





«Sous les herbes, ça se cajole,
Ça s’ébouriffe et se tripote,
Ça s’étripe et se désélytre,
Ça s’entregrouille et s’entrefouille,
Ça s’écrabouille et se barbouille,
Ça se chatouille et se dépouille,
Ça se mouille et se déverrouille,
Ça se dérouille et se farfouille,
Ça s’épouille et se tripatouille —
Et du calme le pré
Est la classique image.»

poème de Guillevic 


PS 1  Je cherchais un poème pour la colonne de droite (un poème pour la nuit). Celui du poète Guillevic se référait très bien à la saison. Pour être plus visible, je l'ai inséré dans cet article: c'était exactement l'impression que j'avais eue de ce dernier jeudi vécu sous une chaleur à nouveau estivale.

PS 2  Autocritique de la photo: photo animalière et macrophoto, deux techniques de réglage différentes. J'ai voulu me passer de la fonction “macro” automatique, en utilisant la priorité à l'ouverture ... et voilà ce que cela donne. Pas lumineux du tout alors que les papillons étaient en plein soleil et de plus la mise au point n'est pas parfaite. Pour les prochaines expériences, je vais utiliser l'objectif macro. C'est dommage d'avoir manqué une si belle occasion, je ne sais pas quand j'aurai l'occasion d'assister à un accouplement d'azurés.
1/3200, f 5.6, ISO 200

mercredi 20 avril 2011

Paon, paon, paon, qui est là?




D’abord une silhouette colorée sur la plaque de béton : le temps de réaliser que ce visiteur n’est pas familier au jardin, déjà il s’envole et s’élève au-dessus de la barrière. J’ai reconnu les ocelles de ce papillon. Je désespérais depuis longtemps  de ne pouvoir le photographier.
Ce jour-là, la chance est avec moi : le paon s’est posé chez les voisins, au pied de leur jeune saule. J’évalue la distance entre la barrière et sa position. Penchée au maximum, je peux enfin effectuer quelques clichés.
Le hasard fait bien les choses : s’il est vraiment sorti de l’hivernage, le paon s’est bien posé au pied de sa plante nourricière. Hélas le saule n’avait pas encore de chatons.






mercredi 24 mars 2010

Viens avec moi en balade...

Rien à voir avec des expressions françaises dans cet article-là.
Mais je ne pouvais pas résister à la publication de mes dernières images que j’ai prises hier en fin d’après-midi.
La météo était excellente, un temps de printemps : chaleur douce et vent absent, un véritable anticyclone.




Nous avons comme rituel printanier de rendre visite à quelques lieux enchanteurs, presque sauvages et déclarés réserves naturelles.
Le premier endroit est une forêt unique dans la région : elle possède un tapis de sous-bois de couleur jaune, des jonquilles rustiques.
Pour les admirer, le bouche-à-oreille entre connaisseurs et sympathisants de la fleur pascale fait office de rumeur : «Elles sont déjà bien avancées !» À cet avertissement, rien ne sert de tarder. Une semaine de trop, quelques jours de pluie et la magie jaune disparaît dans la grisaille.




À la lisière du bois, un battement d’ailes nous interpelle. Le papillon se pose sur une branche sèche. Sans trop y croire, j’arme mon appareil. Une photo, peu importe la distance, vite-vite,  pour mieux l’identifier plus tard. Le papillon ne bouge pas. Fonction macro. Je crois le reconnaître, mais je doute car je n’en ai jamais vu de semblable. La papillon change de support. Il ne va pas très loin. À l’observer de plus près, il ne semble pas de toute première fraîcheur (si on ose parler ainsi d’un papillon). Il ne bouge toujours pas. Je continue à le “portraitiser”. Je trouve quand même que c’est un peu trop facile : à hauteur des yeux, le soleil couchant dans mon dos, pas de vent ...




Dites-moi :
Est-ce bien le Robert-le-diable ? 2e génération 2009 ?
Il a hiberné par —15°, il peut bien être un peu éprouvé.

jeudi 9 juillet 2009

M ... comme minute!




«Minute papillon !»




Il fallait vous y attendre !

L’expression est d’actualité alors que beaucoup de ces lépidoptères papillonnent sans cesse sur vos magnifiques blogs.




... Piéride, Vanesse, Petite Tortue, Flambé, Argus, Demi-Deuil, Myrtil, Apollon, Machaon, Gazé, Paon du jour, Mélitée, Aurore ...

J’avoue que je n’ai rencontré autour de moi que des fébriles à la recherche du meilleur nectar, des hyperactifs dont les ailes vibraient malgré leur trompe qui fouinait parmi les étamines, pistil et consorts, des versatiles qui changeaient de trajectoires, des amoureux aussi qui s’envoyaient en l’air en tourbillonnant.
Le souffle coupé et l’objectif en pagaille, il ne me restait souvent que l’espoir de les voir s’assagir un moment, mes Piérides, Belles Dames et Petites Tortues, afin d’immortaliser leur image sur une tige de lavande ou une grappe de glycine..

«Minute, papillon !
Calme-toi, arrête-toi, pose-toi et viens t’asseoir un instant sur le banc.»

Cela vous arrive-t-il aussi de papillonner, de poursuivre simultanément une dizaine de projets, de vous essouffler à réaliser en un temps record la vingtaine de tâches qui vous tombent par hasard sur les épaules ?
Et après ça, on se désole de ne plus avoir du temps.

«Minute, papillon !»

L’historique de cette expression ne pourrait être que pure fantaisie. En effet, Marianne Tillier écrit dans son ouvrage que des journalistes parisiens auraient prétendu à son invention alors que, d’après d’autres chercheurs, l’expression serait plus ancienne.

“Selon le journal, monsieur Papillon était serveur au Café du Cadran, à Paris, dans les années 1930. Ses clients, parmi lesquels des journalistes du Canard enchaîné, s’entendaient répondre quand ils l’interpellaient :«Minute, j’arrive !» Amusés, ils s’approprièrent la repartie du garçon en la modifiant légèrement...” *


* Marianne Tillier, Les expressions de nos grands-mères, Editions Points, 2008.