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lundi 4 juin 2012

Ah la belle vie...





Nous l’aimons bien cette chatte.
Douce, bavarde, obstinée (elle sait ce qu’elle se veut lorsqu’elle persiste à se coucher discrètement sur les duvets malgré les interdits).
Elle a passé l’âge de chasser les oiseaux. Voilà pourquoi on l’apprécie tout particulièrement. Elle observe les merles qui traversent la pelouse mais ne se dérange plus pour si peu.
Elle ne vit pas chez nous, elle est de passage ayant adopté la terrasse ouest lorsque ses maîtres la libèrent de son confinement intérieur.
Elle ne s’aventure plus très loin, de temps en temps elle longe le bas de la haie sans grande conviction, l’air de rien, pour le plaisir de se divertir, je pense.
Lorsqu’elle se prélasse sur la terrasse, je ris de la voir se déplacer en suivant l’ombre de la maison. Au moment de l’après-midi où il ne reste qu’un filet obscur au pied du mur, elle termine sa sieste et se dirige au nord, près de l’entrée, à l’abri auprès des hortensias, attendant avec patience que quelqu’un lui ouvre l’entrée principale.



Je crois avoir découvert son lieu de prédilection. Un matin, la porte d’entrée de la maison est restée grande ouverte : madame s’est installée sur le paillasson. Elle avait ainsi la liberté de se déplacer à l’extérieur et à l’intérieur quand elle voulait, comme elle voulait. Le paradis, la sécurité mais avec pignon sur rue !


Remake de David et Goliath!

jeudi 30 juin 2011

Photo, niveau... 2!



 NOUNOURS


Oyez, oyez, je progresse.
La photographie recèle encore pour moi beaucoup de secrets, mais enfin, depuis un certain samedi monstrueusement pluvieux, j’ose enfin quitter le mode semi-automatique pour me lancer dans le «A» ou en compagnie du «S» (très loin de la maîtrise pour le moment).
Le «M» ? ... dans pas trop longtemps, patience...




«Tu veux ma photo?»

J’avais beau me plonger dans le mode d’emploi de mon appareil (Nikon D90), lire sur Internet tous les bons trucs des passionnés de photo (voire professionnels), consulter des revues magnifiques aux images extraordinaires qui me faisaient pleurer d’envie, rien à faire, la technique photo ne me parlait pas du tout. Irréductible, j’étais, nulle parmi les nuls !

Or, voici qu’un soir de mai, je reçus par hasard (hum, hum, hasard?) un mail m’invitant à un stage de photo animalière. La journée comprenait un cours théorique le matin (priorité à l’ouverture, à la vitesse, ISO, profondeur de champ, etc.) et une partie pratique l’après-midi dans un parc animalier avec l’assurance que les “petites” bêtes ne pouvaient pas se carapater pour se cacher au fond des bois !

Ainsi, le samedi 18 juin, nous nous rendons au Juraparc (Mont d’Orzeires, près de Vallorbe) à la rencontre de Fabien Bruggmann, formateur et photographe du Haut Jura (F).
Quoique très sceptiques sur les résultats de la journée au vu des conditions météo, nous nous réjouissons tout de même de faire connaissance avec des “mordus” de la photo animalière.






 JEUX INTERDITS

Depuis ce jour, je suis rassurée car j’ai compris les paramètres de la technologie photo qui ont un lien entre eux.
Je me suis rendu compte aussi qu’il me fallait avoir la possibilité d’apprendre sur trois plans simultanément : le visuel, l’auditif et le tactile (ou sensori-moteur).  De plus, je suis consciente que notre formateur a eu beaucoup de patience en prenant soin de répondre à chacune de nos questions.



(Bof, bof! photo ratée, vitesse mal réglée...)

Heureusement, la pluie avait cessé dès midi et la lumière rendit les sujets très contrastés. Par contre, l’assimilation de la théorie du matin se manifesta chez moi par des prises de tête et des erreurs monumentales, la position des mollettes pour régler l’ouverture ou la vitesse n’étant pas aisée à mémoriser (en ce qui me concerne, bien évidemment !)


Après le bain, une p'tite bouffe

Encore quelques mots sur le parc animalier “Juraparc”: il est occupé par des ours et oursons, des loups, des bisons, des lynx et des chevaux de Przewalski. Pour rassurer les âmes sensibles, j’ajoute que les animaux vivent sur de grandes superficies (plaines-clairières pour les bisons, rochers et forêts pour les ours, les loups et les lynx). Les ours adultes partagent leur territoire avec les loups ce qui occasionne parfois des scènes de provocation en réactivant leur instinct.


Intimidation

Cependant, les animaux reçoivent leur nourriture par les gardiens-propriétaires. Les visiteurs peuvent observer les animaux sur des passerelles haut placées, à trois mètres du sol, et bénéficient d’une vue plongeante.
De manière générale, je ne suis pas très favorable à l’enfermement des animaux sauvages, mais dans ce cas-là, j’ai l’impression que les ours et les loups (qui proviennent d’autres zoos) vivent dans un espace bien adapté à leur taille.
Le parc du lynx était vide durant notre visite. La locataire, prénommée Aisha, s’était enfuie en septembre 2009. Elle a été repérée dans les bois de Moiry, au pied du Jura, en compagnie de deux chatons. Les garde-faune ont décidé de ne plus tenter de la rattraper puisqu’elle s’était bien adaptée à sa nouvelle vie d’indépendante. 
A savoir encore que le restaurant du Juraparc propose sur sa carte de menus de la viande de bison.



Le milan noir s'intéresse au repas des oursons.

jeudi 31 mars 2011

Dernier portrait de mars



Le temps pluvieux d’aujourd’hui n’a pas fait revenir le Roux. Bien entendu, les cabanes à oiseaux ont été décrochées et attendent d’être brossées et désinfectées. Plus de provisions gratuites à disposition, mais en aurait-il encore besoin ?

En classant soigneusement les photos des écureuils, je me suis souvenue des conditions qui m’ont permis de prendre cette image.
Une ombre dans la glycine, perçue à travers le vitrage, attire mon regard. La pie ? Un chat captivé par le ballet des mésanges ?
Je m’approche de la fenêtre et ... nous nous observons. Il n’a pas l’air effarouché et reprend sa dégustation de fruits secs. J’arme mon appareil de photo, même à travers le vitrage, “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras” !
Je décide de me déplacer dans la véranda, encore plus proche de la glycine. Je m’approche de la baie vitrée. Il me voit. Me fixe. Et continue son repas. Je le photographie à travers le vitrage dégoulinant de gouttes de pluie, “un tiens...”.
Je tente l’impossible : je décroche la fermeture de la baie vitrée ce qui provoque comme un coup de pétard dans la nuit. Le Roux sursaute, me fixe à nouveau, saute sur la branche supérieure, frappe de ses deux pattes arrière. Pas content ? Mais il reprend la suite de son repas.
Je persiste : je fais glisser la baie vitrée, lentement, sans bruit je pense. Cette fois le Roux m’ignore et continue de grignoter.
Alors là, bien appuyée sur le dossier d’une chaise, je mets en route le bracketing.
Merci le Roux, il ne me reste plus qu’à trier les images...

lundi 14 mars 2011

Histoire sans parole d'un écureuil chapardeur

... Juste pour dire “au revoir” à nos petits compagnons
en espérant les retrouver l’hiver prochain.


lundi 20 décembre 2010

Drôle d'oiseau!



Dans la tempête de vendredi passé, une ombre s’est soudainement profilée dans la cabane aux oiseaux. Nous ne l’avions pas vu arriver, ce «drôle d’oiseau» !

Or, malgré les apparences, cet intrus n'est pas un «personnage peu recommandable», expression qui concerne uniquement le genre humain!



Depuis quelques semaines, Monsieur et Madame Ecureuil se promènent dans notre jardin. Leur parcours est chaque jour identique, mais comme ils ne font pas leurs courses ensemble, nous ne savons pas si nous croisons le regard de Madame ou de Monsieur.





La neige a de nouveau recouvert le sol d’une bonne épaisseur. Difficile pour eux d’aller se servir dans la réserve alimentaire des pies. Les noix cachées sous la charmille sont désormais invisibles.





Un jour nous avons surpris Monsieur ou Madame qui tentait une approche de la cabane : ses pattes arrière accrochées à la branche supérieure, il s’était laissé pendre pour examiner cette chose bizarre.
Mais vendredi 17 décembre, la cabane fut définitivement adoptée : nourriture facile d’accès, famine ?





Depuis trois jours maintenant, Gente Ecureuil squatte la cabane le matin pendant une heure, au grand dam des mésanges qui s’impatientent aux alentours.





Quelle est la différence, pour le photographe, entre une mésange et un écureuil ?
Lorsqu’on ouvre la porte-fenêtre pour tirer le portrait de l’écureuil, il ne s’enfuit pas, LUI ! Au contraire, il nous observe un moment et continue son repas...

mercredi 2 juin 2010

L'homme qui aimait les “bibornes”

J’aime les chats et leurs façons de communiquer ou ... de nous ignorer.
Mais il m’est arrivé d’avoir aussi un coup de cœur pour des petites bêtes.

Une foule de minuscules grenouilles traversant le sentier m’avaient arrêtée dans ma balade matinale après une nuit bien pluvieuse : craignant de les écraser, je ne savais plus où poser mes semelles. Sur la pointe des pieds (exercice difficile avec des chaussures de marche), j’étais parvenue à les épargner.




Et les tritons alpestres que je retrouve au même endroit, tous les mois de mars de chaque année, me mettent à genoux : l’appareil de photo près de la surface de l’eau les attire et leur regard m’intrigue.




Il y a trois jours, en sortant de l’épicerie, j’aperçus un homme penché sur le sol du parking. Il se déplaçait à gauche, à droite, le regard toujours fixé parterre. Croyant qu’il avait perdu un objet je m’approchai de lui. D’un air malicieux mais étonné par sa découverte, il m’expliqua son manège.
Le ciel avait craché toute la nuit de courtes averses accompagnées par moments de coups de tonnerre. Ce matin-là, alors qu’il commençait son travail de surveillant de parking, le vieux monsieur constata que des dizaines d’escargots sortaient des buissons ou des hautes herbes. Les bibornes s’aventuraient sur les places de parc et, bien sûr, quelques mollusques avaient déjà péri sous les pneus des premiers clients. Tout en contrôlant le va-et-vient des voitures, il sauvait un à un les escargots en les déplaçant dans l’herbe. Nous en avons compté une bonne trentaine de candidats kamikaze ! Il remarqua que les petites bêtes étaient attirées par les mégots de cigarettes et s’y agglutinaient.
Abrités sous son parapluie (sic Georges Brassens), nous avons parlé des avantages des produits frais à mettre dans notre assiette, de l’eau de source volée aux indigènes par une multinationale pour être revendue...
De temps en temps, un petit escargot interrompait notre conversation pour être remis sur le bon chemin.
Simple rencontre par temps pluvieux.



Biborne: mot du patois vaudois pour désigner l'escargot

Extrait du dictionnaire Robert:
Bigorne: petite enclume à deux têtes
Bigorneau: escargot de mer

samedi 27 mars 2010

Où il est question d'une chèvre, d'un chou et peut-être d'un loup...


Il était une fois une petite chèvre ... non ! une grande chèvre !... qui savait mener le monde par le bout du nez.
D’humeur facétieuse, elle ne faisait pourtant pas trop la maligne lorsque sa maîtresse l’enfermait dans son enclos étroit bâti de l’autre côté des mangeoires des vaches. Sans doute, n’appréciait-elle pas la présence des trente autres ruminantes qui partageaient avec elle l’odeur de la paille et les longues nuits d’hiver.
Alors au matin, après l’heure de la traite, lorsqu’une troupe de jeunes humains pénétrait dans ce lieu où ... mm, mm, les relents nocturnes n’avaient pas encore été évacués ..., la grande chèvre bêêêlait de joie et de plaisir.

{Une parenthèse ici s’impose : nous sommes dans une ferme pédagogique dont les responsables (fermiers et éducateurs) accueillent deux fois par semaine des classes urbaines peu au courant des coutumes de la vie campagnarde. Pendant deux jours, les enfants découvrent les activités au potager (déterrer les légumes pour la soupe de midi), les soins aux animaux (récolter les œufs au poulailler, nourrir les lapins, apporter le fourrage au bétail et participer à la traite). Un dortoir a été aménagé pour qu’ils puissent passer la nuit à la ferme et se lever aux aurores en même temps que les fermiers}

Si la grande chèvre se réjouissait tant, deux fois par semaine, c’est qu’elle réservait plusieurs attrape-nigauds à ses visiteurs citadins.
Pendant que les enfants écoutaient attentivement les explications du fermier sur le juste maniement de la fourche afin d’éviter de blesser les vaches, notre chèvre attendait sagement qu’un enfant, sans doute lassé du discours du fermier, s’appuie contre la balustrade de son enclos. Alors, d’un vigoureux coup de mâchoire, la chèvre attrapait le col de la veste de l’étourdi (avec une mèche de cheveux si possible) et tirait, tirait de toutes ses forces. Sans l’aide de ses camarades et les cris de la fermière, l’enfant restait cloué à la balustrade car l’animal n’avait pas pour projet de lâcher sa proie. Un bout de cordon de veste entre ses dents, la chèvre nous regardait d’un air ... pour ainsi dire narquois, comme si elle venait de marquer un nouveau point à son jeu.



La chèvre n’avait pas pour habitude de rester enfermée jour et nuit dans cet enclos très étroit. Dès que les rayons de soleil gagnaient la cour et le domaine de la mare aux canards,  Madame Emilie (la fermière) lui glissait autour du cou une épaisse corde, tissée à sept brins. S’adressant aux enfants en les exhortant à être courageux et résistants, Madame Emilie confiait à trois d’entre eux, volontaires et robustes, la tâche d’accompagner la chèvre directement à son terrain de jeu autour de la mare aux canards, sans passer par le potager ! Par précaution, la fermière demandait aux autres enfants de former une chaîne devant le passage au jardin potager. Quand tout le monde était prêt, Madame Emilie comptait 1,2,3 et ouvrait la porte de l’enclos de la chèvre.
Le spectacle commençait. La chèvre, avec une rapidité qui surprenait ses trois gardiens, bondissait hors de son enclos, hors de l’étable, galopait trois fois en rond dans la cour, faisait deux fois le tour de la fontaine. Les volontaires, robustes et courageux, s’accrochaient l’un à la corde qui enserrait le cou de la chèvre, les deux autres à l’extrémité de la corde. De la chèvre, on ne voyait qu’un courant d’air poilu, des enfants on apercevait trois paires de jambes qui tricotaient à trente centimètres du sol.
Madame Emilie regardait le spectacle avec un sourire qu’elle ne dissimulait pas : deux fois par semaine (à l’arrivée d’un nouveau groupe d’enfants), la chèvre faisait son numéro de cirque, à la grande joie de ceux qui bloquaient l’entrée au potager. Pour terminer, la chèvre faisait mine de tenter une percée dans la chaîne, mais Madame Emilie veillait au grain : menaçant la chèvre d’un bâton, elle l’obligeait à pénétrer dans l’enclos de la mare aux canards pendant que les trois gardiens reprenaient leur souffle.

 «Pas vrai! Elle nous refait son numéro!»

*   *   *


Cette histoire (presque vraie) m’est venue à l’esprit lorsque j’ai réalisé des recherches sur l’expression suivante :
ménager la chèvre et le chou
Certains événements de ma sphère privée m’ont constamment renvoyée à cette expression et ont suscité des questions autour de stratégies à développer afin de maintenir des rapports sociaux cohérents. Deux sens de compréhension prévalent à l’expression “ménager la chèvre et le chou”.
Comment faire pour éviter de froisser la “chèvre” ou le “chou” ? (soit le sens du compromis)
Comment faire pour que mes intérêts personnels ne soient pas péjorés par ceux de la “chèvre” et du “chou” ? (soit le sens de l’économie)

Or, l’histoire de la chèvre de Madame Emilie me donne des indices sur une autre compréhension de cette expression. Cette fermière sait conduire les opérations, sait “faire le ménage” dans sa cour : diriger sa chèvre (dévoreuse) et protéger son jardin potager (dévoré). Toute seule, sans l’aide des enfants, elle y arriverait aussi. Elle utilise la menace du bâton pour affirmer son autorité et elle a installé un portail à son jardin.

Ainsi, dans cette expression, apparaissent réellement trois personnages : la chèvre, le chou et moi (ou vous). Il s’agit donc d’un triangle qui contextualise les rapports humains.


*   *  *


Pour terminer cet article, je vous propose une énigme où il est question d’une chèvre, d’un chou, d’un loup et d’un quatrième personnage (peut-être vous).
Vous devez faire traverser une rivière à un loup, à une chèvre et à un chou.
Le bateau est trop petit pour emmener tout le monde et vous ne pouvez en déplacer qu’un seul à la fois.
Il va sans dire que vous ne pouvez laisser seuls sur la rive le loup et la chèvre, ni le chou et la chèvre.
Quelle est l’astuce pour faire passer les trois de l’autre côté de la rivière ??

vendredi 15 janvier 2010

Entre chien et loup...




De la tasse s’échappe un filet de vapeur. Le thé est encore trop chaud, un assemblage de 4 thés, celui que je préfère en hiver au thé de Noël trop chargé en écorces d’orange.
Il est cinq heures et demie : trop tôt pour allumer la suspension au-dessus de la table à manger. Je regarde par la fenêtre : l’étourneau est venu se ravitailler à la mangeoire pour la dernière fois de la journée. Il est le seul de son espèce dans le jardin. Il a peut-être fait bande à part laissant ses congénères partir à la découverte d’autres lieux.

Le thé dégage une légère senteur de fumé, juste ce qu’il faut à mes pensées pour s’évader par-delà l’horizon encore teinté d’orange par le soleil couchant. À travers le branchage du bouleau, la lumière décline, les ombres se balancent.
C’est l’heure, l’heure du passage du jour vers la nuit.

Goûtant à petites gorgées mon breuvage de fin d’après-midi, je prolonge cet instant où la vie semble suspendue, en apnée. Le silence s’installe dans la semi obscurité de la maison.


Entre chien et loup

C’est l’instant, l’instant où le chien rejoint le seuil apaisant de la demeure et où le loup sort de son bois.


******

L’expression Entre chien et loup fait également référence aux aurores, «au moment de la journée où l’on ne peut distinguer un chien d’un loup, où l’on ne commence à voir les contours sans visualiser les détails».

Sources : Les expressions de nos grands-mères, Marianne Tillier, Collection Points (Inédit).

lundi 24 août 2009

Tout va très bien ...



«Tout va très bien...
Madame la Marquise,

tout va très bien,

tout va très bien,

pourtant il faut,

il faut que l’on vous dise,

on déplore un tout petit rien :

un incident, une bêtise,

la mort de votre jument grise.

Mais à part ça,
Madame la Marquise,

tout va très bien

tout va très bien !»




J’ai souvent entendu cette chanson fredonnée dans ma famille : parents, oncles, tantes la chantaient alors que l’un d’entre eux avait entonné le refrain à la suite d’une anecdote racontée à l’heure du pousse-café.
Plus tard, je l’ai aussi apprise en classe : le prof l’avait jugée suffisamment explicite pour illustrer l’état d’esprit des peuples européens dans les années 30. Je crois que cette chanson appartient encore au répertoire éducatif auprès de certains enseignants.

Paul Misraki a composé “Tout va très bien” en 1934. La jument grise est morte dans l’incendie du château provoqué par le suicide du marquis ! Une jument brûlée, un château en feu et un marquis mort, voyons, tout cela n’est que bagatelle ! Car à part ça, tout va très bien...

Qu’est-ce qui a bien pu motiver l’auteur à composer ce texte en parodiant une frange de la population ou des élus peu lucides ?

1934
Les pays européens vivent les répercussions d’une crise économique due au krach boursier de 1929.
En France, l’affaire Stavisky, du nom d’un financier escroc qui a émis de faux bons, remue le milieu des affaires et de la politique.
En Suisse, la presse est muselée par les autorités fédérales afin de ne pas nuire aux accords conclus avec ses deux voisins (dérangeants, pour ceux qui voyaient clair...).

Les ligues de l’extrême droite se mobilisent,
les mouvements antifascistes réagissent aux menaces idéologiques,
gauche et droite s’affrontent dans la rue,
les manifestations virent en émeutes.

Et, pendant ce temps, un trio infernal tisse sa toile au-dessus de l’Europe. :
Mussolini, Franco et Hitler.

Mais à part ça, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien !

Si la chanson fait toujours de l’effet, c’est que le monde humain n’a peut-être pas beaucoup changé depuis les années 30. Il y a encore un financier grisé par sa convoitise ou un journaliste trop curieux. Les chefs de guerre, quant à eux, ont atteint d’autres continents.

Mais à part ça, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien !

Au fait, et vous, comment allez-vous ?

mercredi 15 avril 2009

C comme copains ... ou cochons!





«Copains comme cochons !»












Un nombre impressionnant d’expressions populaires ont trait au cochon. Et ce n’est pas toujours à son avantage, le bougre ! Serait-ce dû à son goût immodéré pour la boue ? Certains d’entre nous — au sens olfactif délicat — ignorent simplement qu’il a besoin de cet élément pour lutter contre les parasites.

Ainsi, écrire ou manger «comme un cochon», c’est toujours accomplir le geste avec force saleté ! C’est pourquoi il est dispendieux de «donner de la confiture (ou des perles) à un cochon»…
Les informations météorologiques n’échappent pas à cette analogie lorsqu’on dénonce «un temps de cochon».

Et que dire «d’un caractère de cochon» ? Qui peut donc se vanter de connaître véritablement son caractère ? Sa façon de grogner suffit-il à affirmer qu’il est de mauvaise humeur ? Il me semble que cet animal est souvent victime de jugements injustes. En effet, prenez le cochon laineux (illustré par la photo) : auprès des éleveurs qui favorisent la sauvegarde et le développement de races dites rustiques, le cochon laineux a la réputation d’être peu sensible au stress, de nature calme et très sociable.

Enfin, espérons que justice lui sera bientôt rendue lorsque des expressions plus flatteuses à son égard seront enfin inventées !

Info technique sur le cochon laineux extraite du site ProSpecieRara :
«L'aire d'origine du porc laineux ou mangalitza est l'ancien empire austro-hongrois. Dans ces régions, la race est issue dès 1830 de croisements de races diverses, toutes productrices de lard. Produisant un lard d'excellente qualité, le porc laineux a conquis la moitié de l'Europe au milieu du 19e et figurait par moments parmi les races les plus fréquentes en Suisse. La Hongrie élève encore aujourd'hui des mangalitzas blonds et roux, contrairement à la Suisse, où l’on ne trouve que des porcs laineux à ventre clair.»

samedi 7 mars 2009

C comme chevaux


Monter sur ses grands chevaux


Ah la belle balade en forêt ! Avec quarante centimètres de neige tombée ces derniers jours, l’exercice s’est révélé très sportif. Nous avons suivi pendant près de deux heures une sente tracée par des raquettes ou des … sabots. La rencontre avec les chevaux a été presque conviviale car certains se sont arrêtés à la hauteur de la photographe.
Voulaient-ils que je tire leur portrait ?
Un cavalier m’a assuré que sa monture souhaitait espérer croquer quelque chose de bon. Une pomme ? J’en avais une dans mon sac. L’avait-il sentie ? Les chevaux ont peut-être un excellent odorat.
Nous avons ainsi été rattrapés par huit chevaux et leurs cavaliers. Il m’a semblé que le paysage enneigé —avec ces cascades blanches qui glissaient silencieusement des branches— leur allait bien. Malgré les effets du dressage, leur aisance et leur fougue se mariaient avec évidence au silencieux tapis blanc.

Claude Duneton (in La Puce à L’Oreille) relève que les chevaux de combat, au XII-XIIIème siècles, étaient de grands chevaux, «de belle race et de haute taille». «Plus le cheval est grand, plus on domine son adversaire». Aussi, monter sur ses grands chevaux, c’est, écrit-il, «signe de bataille».

Un homme qui monte sur ses grands chevaux =
Un homme qui parle en colère et d’un ton hautain