mercredi 5 mai 2010

Celle dont on ne doit pas prononcer le nom...

... parce qu’elle nous rappelle qu’au début de notre enfance, on le faisait;
... parce que l’on souhaite que cela ne nous arrive plus jamais;
... parce qu’on nous a appris que son premier mot était vulgaire.

Aussi est-il possible de l’appeler

salade de taupe,   laitue des chiens,   couronne de moine,   dent-de-chien,   tête de moine, florion d’or, liondent,   chopine,   pichaulit,   cochet,   tête de moineau,   dent de coq,   florin d’or,   grain de porc,   chicorée,   laitron.



Son nom scientifique est taraxacum (du grec taraxis=troubles des yeux, akeomai=guérir) officinale.

Tout (presque tout) est mangeable chez le pissenlit ou la dent-de-lion : les fleurs, les feuilles et les racines! Ses vertus curatives sont étendues : traitement des affections du foie, de la bile, de l’estomac et de la rate, du rhumatisme, de l’arthritisme, des troubles du métabolisme.
Dépurative, diurétique et stomachique, la dent-de-lion est la plante printanière par excellence pour nous aider à quitter notre habit d’hiver et à nous débarrasser de nos déchets métaboliques.

Chaque année, je suis surprise par la robustesse et la prolifération du pissenlit. Non seulement il garnit généreusement notre jardin (au grand désarroi de nos voisins qui préfèrent le gazon sans fleur), disputant les mètres carrés aux primevères, mais encore il a le don de s’infiltrer partout. Le voilà qui grandit entre les dalles de la cour ou au pied des façades de la maison.





La tradition familiale veut que nous nous plions chaque printemps à la préparation de la salade de la dent-de-lion avant sa floraison. Ce qui fut fait.
Cette année, pour la première fois, devant l’ampleur du tapis jaune sous nos fenêtres, je me suis attelée à la récolte des corolles. Je ne sais si la recette du miel de pissenlit (appelée aussi cramaillotte) recèle autant de vertus que l’apport des tisanes ou des décoctions. L’enjeu était de taille car il fallait étêter les dents-de-lion sur le terrain, et en grande quantité (250g ou 360 têtes !), les laver “délicatement”. Au bout de deux heures de cuisson, après avoir ajouté citron, orange et sucre (bien évidemment), le résultat de l’opération a donné ceci :


Comme d’habitude, les “testeurs” de la famille furent engagés pour la dégustation.
Leur évaluation :
1. «Ben, euh, c’est sucré !!»
2. «Y a pas un goût particulier de pissenlit
3. «Le miel de ma grand-mère était vraiment jaune !» 

Alors que j’avais suivi une recette sérieuse, offerte par une cuisinière experte, je me suis tout de même demandé s’il n’existait pas d’autres procédures. Toutes respectaient la base : le système de cuisson en deux temps, l’ajout d’un citron et d’une orange, la quantité de sucre à raison du triple (!) du poids du jus de cuisson des fleurs.
Les avis divergent concernant surtout la préparation des fleurs. Certaines recettes préconisent de n’utiliser que les fleurs jaunes et d’ôter toutes les parties vertes. Par ailleurs, il est conseillé soit de sécher les fleurs  soit de les faire macérer durant une nuit.

Vu que les pissenlits ont disparu du jardin par la faute d’une tondeuse, je me suis promis de renouveler l’expérience l’an prochain avec les conseils de l’Atelier-Pectinarium qui propose des recettes avec infiniment moins de sucre.



Une photo, ça trompe, ça trompe...
Non, ce n'est pas le jardin...
mais un pré à l'abandon derrière le mur de l'autoroute!




Pour qui cherche des informations complémentaires sur le pissenlit, je recommande l'ouvrage suivant:
Le Pissenlit, L'Or du Pré! 
Bernard Bertrand, Editions de Terran, collection Le Compagnon Végétal, volume 3
ISBN: 2-913288-06-5   

14 commentaires:

Savoyarde a dit…

Confiture aux pissenlits ? C'est incroyable que tout se mange à ce point dans cette fleur !!
Personnellement, j'aime beaucoup le jaune des pissenlits...Mais c'est un point de vue purement photographique.
A bientôt

Foise a dit…

Ce sont les fleurs préférées de Clémence, elle ne veut que celles-là dans ses bouquets pour maman
J'ai mangé (hélas) de la salade aux lardons autrefois... Ma mère adorait ça... Le bienfait du pissenlit est inversement proportionnel aux méfaits du lard...
Quant à la confiture je t'épargnerai mes commentaires sur le sucre, je me suis déjà largement répandue sur le sujet...
En fait c'est en tant que symbole du savoir qui se propage en un souffle que je le préfère !

Laubaine a dit…

un belle hommage a cette fleurs que peu par habitude de la voir oublie toute l'importance qu'elle a , entre autre etre une des premiere fleur et seule fleur de debut de saison a nourir les butineurs qui sans elle serait en grande diffuclté ....

Zipanu a dit…

Elle possède vraiment une multitude de noms étranges cette folle plante.
Elle est aussi emblématique lorsqu'elle sème au vent ses graines, d'ailleurs on s'en inspire, avez-vous vu le pavillon-pissenlit à Shanghai?

monic a dit…

@ Savoyarde
Tout se mange... sauf la tige! Et les racines sont à consommer en automne pour en faire du succédané de café (comme la chicorée) ou en purée avec des pommes de terre et des oignons. Jamais essayé!

@ Foise
Tout à fait d'accord avec toi concernant le lard ... et le sucre. Dans cette recette du miel de pissenlit, il y a vraiment abus de sucre. Mais comme je ne vais pas dédaigner l'essai que j'ai fait, j'en glisse de temps en temps une cuillère à café dans un yaourt nature.J'ai utilisé du sucre de canne.

@ Laubaine
J'ai ajouté à la fin de mon article les références d'un livre que je trouve passionnant. J'ai lu, entre autre,que l'on ne trouve pas du vrai miel de pissenlit car les apiculteurs laissent leurs abeilles reconstituer leur stock de nourriture avec la floraison du pissenlit. De ce fait ils ne prélèvent rien des ruches.

@ Zipanu
Pour les noms étranges, je ne les pas tous écrits comme: ale à corbé (=aile de corbeau), queue d'aigle, herbe de ménage, belle-femme. Tu trouveras la liste complète dans l'ouvrage que j'ai cité en fin de message.
Quant au pavillon-pissenlit, je vais chercher. Merci pour l'info.

lejardindelucie a dit…

J'ai bien souvent mangé les feuilles du pissenlit en salade, avec ou sans lard!Et aujourd'hui encore, j'en ai mangé! Mais il est cultivé! Je sème un mélange de graines de salade à l'automne: le mesclun et je laisse pousser certaines salades tout au long de l'hiver et les feuilles de ce pissenlit cultivé sont délicieuses mélangées à d'autres feuilles de salade.
J'aime les fleurs jaunes qui parsème "l'herbe pelouse"et surtout les abeilles qui s'y plongent!

J'ignorais tout de la confiture de pissenlit! Mais je ne crois pas que je m'y lancerais, que reterait-il à mes butineuses?
C'est vraiment intéressant de faire le tour d'une plante que nous connaissons tous!

monic a dit…

@ Lucie
Comme toi, j'ai laissé les pissenlits aux butineurs. J'ai attendu la veille de la sortie de la tondeuse. Au lieu du compost comme sépulture, j'ai choisi la cueillette de certaines corolles pour en faire un délice.

Josée alias amelanche 1 a dit…

Bonjour Monic, si tu te promène au Québec, tu verras les hommes et les femmes armés d'outils pour extraire rapidement ces indésirables de nos parterres.
Je te l'accorde la floraison est belle mais j'aime bien avoir un beau gazon écologique sans ces petites fleurs, ;0).

Passe une belle journée.
Josée
Bisous

monic a dit…

@ Josée
Je pense qu'il y a plusieurs “écoles” ou manières de penser en ce qui concerne le contenu des pelouses, même en Suisse, pays des p'tits nains de jardin.
Simplement: notre maison a été bâtie sur un ancien verger. Dans ce cas, on ne peut pas renier la qualité du terrain et ce que l'on appelle souvent “mauvaises herbes” ne sont que des plantes de prairies extensives. Alors, au lieu de courir après les “indésirables”, nous les tolérons, pissenlits, cardamines, marguerites et orties, tout en les maintenant sous surveillance dans les plates-bandes.
Merci pour tes remarques dont le fond est souvent source de débat entre voisins.

Cathy B a dit…

Bonjour Monic,
Enfin je trouve le temps de m'arrêter dans ton champ plein de soleil! Tu as raison de réhabiliter cette "mauvaise herbe". Ici aussi, ils ont droit de vie, juste avant les boutons d'or.
Je ne connais la confiture de pissenlit qu'en théorie, et je n'ai jamais eu le courage de me lancer dans la récolte. (Sans compter que les pissenlits de ma pelouse ont sans doute subi le marquage de mes chien et chats...)
Et ta dernière photo montre bien combien le pissenlit participe à la beauté des paysages de printemps.

monic a dit…

@ Cathy
Oui, bienvenue sur notre pelouse (ou dans notre prairie)! Reviens quand tu peux. J'ai tellement envie de placer des images de fleurs sauvages qu'il me devient difficile de trouver les correspondances avec des expressions populaires...

Titane333 a dit…

Voilà une recette qui me tente vraiment. Juste un souci, j'ai découvert il y a peu que le pissenlit faisait partie des plantes auxquelles j'étais allergique (je fais de plus en plus d'urticaire) mais c'est pas grave, je me soigne et je continuerai toujours à l'admirer et à le prendre en photo, aux ras des "pâquerettes", c'est là qu'il est le plus beau.
Merci pour la recette, me reste plus qu'à cueillir 360 têtes :)
Bonne semaine!

monic a dit…

@ Titane
... et attention au sucre aussi! Je ne sais pas si cela vaut vraiment la peine de passer autant de temps sur cette recette alors qu'il existe d'autres choses plus... saines à cuisiner!

'Tsuki a dit…

Précieuse recette... Merci de nous la faire connaître !